Face à la crise, les salariés ont besoin de leurs Managers pour se (re)motiver.
Encore une fois, ce seront eux qui feront en sorte que le navire tiendra le bon cap.
Sans leur énergie, les Directions ne pourront pas durablement gagner.
Le temps se gâte…
La croissance n’est plus. Les marchés financiers sont comme des bateaux ivres. Le climat social n’est pas au beau fixe. L’euro er st chahuté dans son existence même. Les « affaires politiques » s’enchaînent les unes derrière les autres. Le chômage augmente. Les prestations sociales baissent. Il fait trop doux pour la saison et la neige manque pour les skieurs. Certains oiseaux de mauvaise augure prévoient la fin du monde, à la lecture savante des pictogrammes Maya. La plupart des entreprises ne confessent pas un optimisme démesuré dansl’avenir. Il faut l’avouer : on a connu mieux par le passé. On a eu pire aussi, si l’on se réfère à l’histoire récente du XXème siècle, victime de nombreux hauts faits dramatiques.
Que faire dans l’entreprise ?
Tout cela nos concitoyens le vivent au quotidien. Ces mêmes citoyens qui sont aussi des salariés. Et, on peu raisonnablement penser qu’il n’y a pas de magie de l’entreprise qui, d’un coup de baguette magique, va soudain rendre le monde merveilleux.
Laissons à nos Dirigeants, l’art consommé de bâtir des plans d’actions aussi motivants qu’inatteignables. Intéressons-nous à tous ces Managers qui sont sur le champ de bataille avec leurs équipes. Que peuvent-ils faire, eux qui sont la clé de voûte de l’édifice ?
D’abord, décliner encore et toujours, les plans d’en haut vers les gens du bas. Faire le contraire serait suicidaire… Mais le faire mieux : c’est-à dire avec courage, professionnalisme et sens de la communication.
Un tiercé : courage, professionnalisme et communication
Pour le courage, nous n’évoquerons que le courage de dire et celui de la prise de décision. C’est aussi ne pas avoir peur de se faire peur.
Pour le professionnalisme, tout Manager peut transposer à son cas le concept de la qualité totale : les cinq 0. A savoir, 0 panne, 0 papier, 0 défaut, 0 délai, 0 stock.
Pour le sens de la communication, est-il encore utile de appeler, comme le disait un certain William « Il ne suffit pas de dire, encore faut-il bien le dire ! ». Donc pas de « mode du suicide » ou d’histoire de « Rolex » au détour d’une conversation…
Comme vous le constatez, il ne s’agit pas de « s’éclater », mais de prendre les rênes en mains. Si personne ne le fait et attend le retour du beau temps, les autruches-Managers risquent d’avoir de mauvaises surprises.
Il s’agit, donc, d’être davantage dans l’engagement sans jouer les candides ou les hussards de la bonne parole. Car, il faut, aussi, savoir se protéger par gros temps…
Donner du sens
Le général Giap, qui a bouté les français puis ies américains hors du Vietnam, déclarait « Il est plus important de savoir pour quoi on se bat que comment on se bat ». A part le statut, le salaire ou la crainte du chômage, pour quoi un Manager se bat-il ? Et ses collaborateurs ?
Les réponses se trouvent dans le cœur et les neurones de chacun, ainsi que dans la culture et la mission de l’entreprise. Il faut chercher le bon filon, découvrir les vraies pépites. C’est un travail très utile, que de stopper un instant la machine à courir et de se poser ces véritables questions en brainstormant hard. Avec un zeste de créativité partagée, pourquoi ne pas réussir ? Pourquoi pas ?
Au-delà , il y aura toujours pour stimuler et motiver les personnes et les équipes quelques remèdes bien connus : s’intéresser à l’autre, écouter, comprendre, encourager, féliciter, donner, partager, conseiller, aider sans assister, échanger, déléguer, responsabiliser, valoriser, etc. Mais aussi : contrôler constructivement, savoir dire non, repousser les voleurs de temps, trancher, sanctionner, alerter, etc. Pour ceux que tout cela heurte ou indispose, un conseil : retour à la case départ. Pour les autres, une interrogation : que puis-je faire de mieux au quotidien ?
Le tout, en étant l’apôtre, au quotidien, de la vision optimiste du futur. Les prophéties auto-réalisatrices des lendemains qui vont pleurer ne donnent envie à personne. Et, le pire, c’est qu’à force de croire et de faire croire que tout est foutu, tout le monde plonge effectivement dans le gouffre.
Dans le best-seller mondial des livres traitant du Management – le « Manager minute » – il y a une phrase que j’aime beaucoup : « L’excellence est un voyage et non une destination ». On n’a jamais fini d’être plus performant par rapport à soi-même. Surtout dans le contexte actuel.
Â
Jean-Marc Lacôte
Directeur associé IDEUM










3 commentaires
Les « autruches-Managers » ne sont pas seuls responsables, l’ Entreprise « souffre » d’une accumulation de mauvais choix et d’une absence de prise de décision …
Parmi les Managers optimistes donneurs de sens, il convient de distinguer les « Don Quichotte-Managers» qui vont malheureusement contribuer à accélérer l’ essoufflement des commerciaux.
Pour résumer, chaque année, le « Manager » doit dépasser son objectif de Production annuel;
Pour cela, il organise son activité autour de deux axes majeures :
1- Maintenir le stock
Le stock est constitué des contrats toujours ouverts dans les comptes de la société.
Dans le contexte de crise économique et financière actuel, le « Manager » essaie de limiter tant bien que mal les rachats de contrats,…
2- Augmenter le flux
Le flux comprend les transferts des contrats et les nouvelles souscriptions de produits.
Comme la concurrence se durcit, le « Manager donneur de sens » doit élargir son activité et recruter mieux, c’est-à -dire recruter des « pointures ».
S. Matthieu