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L’e-learning : pour quoi faire ?
Quels sont ses avantages et ses limites ?
Les formations en présentiel sont-elles condamnées ?
Un rapide état des lieux pour se faire une opinion.
Les raisons du développement
Plusieurs paramètres ont permis le développement de l’e-learning. D’abord, la course effrénée à l’amélioration constante de la rentabilité. La formation dite « présentielle », fondée sur la présence simultanée du formateur et des formés, suivant le principe de la juxtaposition des trois unités (de temps, de lieu et d’action), se révèle être de plus en plus coûteuse en termes budgétaire et de temps. D’où une volonté intéressée de développement de l’enseignement à distance.
Cette forme d’enseignement existe depuis de nombreuses années, avec une version « papier » : souvenons-nous des devoirs de vacances… Les progrès considérables des TIC – Technologies de l’Information et de la Communication – ces dernières années, ont été un autre élément développeur de l’e-learning. Cet ensemble d’outils devenant plus performant techniquement et beaucoup plus convivial.   Â
Un troisième facteur qui a boosté, selon certains observateurs, la demande et l’offre d’e-learning en France est celui du passage aux 35 heures. Le temps à consacrer à la formation présentielle est, en effet, devenu plus réduit de par les effets de la loi. Par contre la volumétrie des besoins des formés est restée égale. Elle a même augmenté pour certaines professions, confrontées à l’explosion de la mondialisation nécessitant l’acquisition de plus de compétences.
Il faut, donc, en avoir conscience : ce qui a motivé le décollage de l’e-learning n’est pas un progrès éducatif mais une nécessité économique.
Où en est l’e-learning ?
En quelques mots, on en parle beaucoup mais il y a relativement peu de réalisations. Les coûts de mise en place d’un système, l’interrogation pédagogique des décideurs sur l’efficacité de l’e-learning, la résistance au changement des formés… sont autant de freins.
Florence Robine, Inspectrice générale de l’Éducation nationale, donne le ton : l’e-learning est un « accompagnement éducatif » et une proposition « d’apprentissage nomade ». Globalement, on pense la même chose dans le monde de l’entreprise, y compris dans le secteur de l’Assurance.
Le tout e-learning est une lubie. Dans les domaines du « Savoir » la machine peut jouer une carte précieuse. Mais, dès que l’on va dans les domaines du « Savoir-faire » ou du « Savoir-être », elle a des limites bien connues. On n’apprend pas, par exemple, à mieux vendre avec son ordinateur, de même qu’on n’apprend pas à mieux servir au tennis par internet. Si cela était la vérité, cela se saurait.
L’avenir de l’e-learning ?
Malgré les réserves énoncées ci-dessus, nous pensons que l’e-learning a un grand avenir s’il est pensé dans les zones de l’acquisition du « Savoir » et de ce que l’on doit savoir en matière de « Savoir-faire » et de « Savoir être ».
Pour l’entreprise, cela nécessite de susciter une culture de l’apprentissage permanent dans l’entreprise et de stimuler les salariés à une démarche active d’appropriation. Motivation et discipline sont, donc, les premiers requis de la part des élèves. Quant à l’impératif du « cadrage » et du suivi c’est une obligation dans cette aventure. Le prof en « chair et en os » ne va pas disparaître, mais va sans doute assumer d’autres fonctions comme le tutorat ou le coaching à distance.
Sachant qu’à ce jour, concernant l’apprentissage en matière de « Savoir-faire » et de « Savoir être » (communication, vente, management,…), l’orientation est de mixer e-learning et présentiel. Le présentiel étant, dans ce cas, plus centré sur des mises en situations des participants (simulations). Â
Jean-Marc Lacôte
Directeur associé IDEUM